Les jeunes en situation d’itinérance ont été durement touchés par la pandémie de la COVID-19.

Alors qu’il nous est demandé de rester à la maison pour assurer notre sécurité et nous protéger de la pandémie, les jeunes sans-abri n’ont pas de maison pour rester en sécurité. Ils n’ont pas ou peu de contact avec leurs familles et leurs proches, ce qui les rend encore plus vulnérables en ces temps incertains. Les rues désertes, le manque d’accès à l’information avec la fermeture des endroits publics, en plus des suivis en santé mentale et en toxicomanie souvent interrompus ont mis de l’avant l’isolement et la fragilité des jeunes bénéficiaires des services offerts par Dans la rue.

« Nous avons dû nous recentrer sur notre mission de gestion de crise, sans beaucoup de possibilités pour orienter les jeunes dans un cheminement constructif. Et malheureusement, nous ne pouvons que constater qu’il y a toujours beaucoup (trop) de jeunes en détresse. »  ̶  Cécile Arbaud, directrice générale

Les mesures sanitaires, demandées par la Santé publique et le Gouvernement du Québec et mises en place à Dans la rue, nous ont obligés à suspendre temporairement quelques programmes, tels que les salles de musique et d’art et diverses activités. L’arrêt de ces programmes, qui aident les jeunes à se mettre en mouvement vers une vie plus autonome et enrichissante, a mis en suspens le plan de vie de plusieurs jeunes en situation précaire.

Dans la rue est demeurée « un phare dans la nuit » pendant la pandémie en déployant les mesures sanitaires appropriées et l’aide psychosociale essentielle pour apaiser les peurs et l’anxiété vécues et protéger ses bénéficiaires et ses employés.

Voici quelques réalités vécues par
les jeunes sans-abri pendant la pandémie :

  • Accès difficile à l’eau potable avec les canicules de mai et juin.
    Les fontaines d’eau de la Ville de Montréal étant fermées jusqu’à la fin mai, les jeunes sans-abri ont soif et Dans la rue distribue de l’eau embouteillée en grande quantité.
  • Pas d’accès aux salles de bains des restaurants et des lieux publics.
  • Peu d’accès à des buanderies.
    Le service de buanderie de Dans la rue, au centre de jour et au Bunker, est resté ouvert pendant toute la crise.
  • Peu de repas chauds servis avec les mesures sanitaires mises en place qui compliquent le service de façon sécuritaire.
  • L’argent comptant n’est plus accepté dans tous les commerces.
  • Places réduites dans les refuges d’urgence.
    Le Bunker est passé d’une capacité de 17 jeunes à seulement 9 jeunes afin de respecter les règles de distanciation sociale.

Dans la rue a relevé le défi de la crise sanitaire en adaptant ses services et en restant toujours ouvert pour les jeunes sans-abri !

Il était primordial pour Dans la rue de rester le point d’attache pour les jeunes en situation précaire et ce, malgré les mesures d’hygiène mis en place, la distanciation physique à respecter et la diminution du nombre de places disponibles. Les intervenants et les équipes ont redoublé de créativité pour remédier à la fermeture de nombreux partenaires de services et à la baisse des ressources disponibles. Ils ont tout mis en œuvre pour continuer les suivis personnels en cours et étaient à la recherche constante de nouvelles avenues afin d’allier le soulagement des besoins de base avec un soutien psychosocial adapté.

« Pendant la crise, Dans la rue a été confrontée à la faim de sa clientèle jeunesse. Aussi, avec la distanciation sociale à respecter et les nouveaux protocoles d’accueil, les intervenants se sont questionnés sur les conditions gagnantes à mettre en place afin de prioriser l’importance des suivis psychosociaux. Chaque jour d’ouverture était une victoire ! »  ̶  Élizabeth Brosseau, directrice des services et programmes

La cafétéria de Dans la rue s’est adaptée à la réalité des repas froids « pour emporter » en diversifiant ses menus, visant ainsi à assurer la sécurité alimentaire des jeunes sans-abri dans un contexte de pandémie où la santé physique et mentale des jeunes est mise à rude épreuve.

Les douches et la buanderie sont toujours restées ouvertes avec des mesures d’hygiène supplémentaires et des cartes d’épicerie prépayées ont été distribuées aux bénéficiaires du Service à la famille.

Dans la rue continue d’innover afin de répondre aux besoins urgents des jeunes sans-abri malgré la crise sanitaire actuelle et les consignes exceptionnelles imposées par le gouvernement et les autorités de la Santé publique.

Cantine mobile pendant la pandémie :

  • Mi-mars à mai – Avec l’enjeu de l’âge de nos bénévoles, la Roulotte de Dans la rue doit arrêter son itinéraire.
  • Juin – La Roulotte se joint à l’Anonyme, la Ville de Montréal et le YMCA pour distribuer, 7 jours sur 7, des lunchs et du ravitaillement avec un service « à la fenêtre ».
  • Juillet à septembre – Le 1ier juillet, la Roulotte reprend sa route habituelle avec un arrêt supplémentaire et bénéficie du soutien de la Ville de Montréal pour fournir des sacs à lunch.

Dans la rue a eu la chance de bénéficier de la générosité de ses donateurs !

Depuis de début de la pandémie, en plus des subventions gouvernementales d’urgence et les dons monétaires, de nombreux dons matériels de bouteilles d’eau, de masques, de matériel désinfectant, de barres protéinées, ont été remis à Dans la rue. Ces dons ont permis, entre autres, de couvrir les dépenses additionnelles liées à la pandémie. Nous tenons à remercier chaleureusement tous nos donateurs pour leur soutien !

Nous pouvons compter sur un bassin de donateurs fidèles et généreux, mais dans les circonstances de la pandémie de la COVID-19, l’insécurité économique reste un défi pour Dans la rue.

Dans la rue fait face à une situation exceptionnelle et les jeunes en situation d’itinérance à Montréal ont plus que jamais besoin de notre aide.

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