Voici une histoire inspirante qui commence par « je » et se termine par « nous ». Forte d’une longue expérience avec une clientèle en situation d’itinérance – de l’intervention directe à la supervision clinique, en passant par un doctorat sur les pratiques tenant compte de traumatismes – Anick a consacré sa carrière à comprendre, soutenir et accompagner les personnes les plus vulnérables.
Un vécu d’itinérance cachée
Avant d’accompagner les jeunes, Anick a elle-même vécu une itinérance invisible en zone rurale : nuits passées chez des amis, camping improvisé et multiples efforts pour rester à l’école. Ce n’est que plus tard qu’elle a compris que cette réalité portait un nom et relevait d’une véritable précarité.
Cette expérience, longtemps tenue sous silence, a façonné son empathie et sa compréhension intime de ce que traversent les jeunes aujourd’hui.
« Je me débrouillais. Je survivais. Mais je ne nommais pas ça “itinérance”. »
Des présences humaines qui ont tout changé
Anick a avancé grâce à des personnes qui ont été là au bon moment : des adultes charitables qui l’ont écoutée, soutenue, orientée – parfois sans même connaître l’étendue de sa situation. Ces gestes posés sans attente sont devenus son premier filet social.
« Je ne suis pas un succès individuel. Je suis le résultat d’une communauté. »
Pour elle, on ne sort jamais de l’itinérance sans les autres : on en sort grâce aux liens qui se tissent, aux ressources qui se présentent et à cette part de soi qui reprend vie quand on croit à un avenir meilleur.
Dans la rue : retrouver les valeurs qui l’inspirent
À Dans la rue, Anick retrouve une organisation profondément alignée avec ses valeurs : un groupe de personnes amicales, engagées et sensibles.
Elle souligne la constance de l’accueil, l’implication de l’équipe d’intervention, la diversité des services et la créativité des jeunes qui y passent.
« Ici, l’essentiel réside autant dans ce que l’on offre que dans la manière de le faire, avec dignité, chaleur et humanité. »