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Aly : faciliter l’accès à la justice

Dans le cadre de la Semaine de l’action bénévole, qui se tiendra du 19 au 25 avril, Dans la rue souhaite mettre en lumière le dévouement et l’engagement indispensables de ses 129 bénévoles. Tout au long de cette semaine, nous présenterons un portrait par jour afin de souligner le rôle essentiel que jouent ces personnes dans la mission de l’organisme.

Attablée au fond de la cafétéria du Centre de jour tous les mardis de midi à 16 h, Aly rencontre les jeunes qui ont besoin de conseils juridiques. Depuis sa première intervention en octobre dernier, l’étudiante en droit a rapidement intégré ces permanences à sa routine.

Un parcours impressionnant

C’est dans le cadre du programme Étudiant·e·s Pro Bono du Canada (EPBC) qu’Aly s’est engagée à Dans la rue à l’automne 2025. Étudiante en deuxième année de droit dans un programme combiné de l’Université de Montréal, elle envisage une carrière d’avocate, possiblement en droit criminel ou en droit de la santé.

Pour elle, poser sa candidature à EPBC allait de soi : c’était une façon concrète de mettre à profit ses connaissances, tout en donnant un sens à son parcours universitaire.

Aly Houston, étudiante en droit et bénévole à Dans la rue

« Ça me tenait à cœur. C’était une bonne occasion d’avoir un aperçu de la pratique et d’être en contact avec des personnes ayant un réel besoin de services juridiques. »

Succédant à des études en santé et en sociologie et à de nombreuses expériences de bénévolat commencées dès l’âge de 16 ans, cette implication s’inscrit dans une continuité naturelle. Aly n’appréhendait pas particulièrement sa première permanence au Centre de jour : elle avait déjà côtoyé des personnes en situation d’itinérance et de grande vulnérabilité.

D’ailleurs, l’assurance et la posture professionnelle d’Aly impressionnent immédiatement. On sent que la jeune femme est là pour accompagner les autres, sans jugement.

« J’essaie de faire sentir aux jeunes qu’il s’agit d’un espace sécuritaire, sans honte ni tabous. Je veux qu’ils se sentent à l’aise. »

Donner accès à la justice, concrètement

Dans son rôle de bénévole, Aly se voit avant tout comme un premier point de contact avec le droit. Elle aide les jeunes à comprendre leurs droits, les encourage à poser des questions et leur fait connaître les ressources et les personnes vers qui se tourner.

Elle intervient principalement en droit criminel et en droit public, notamment sur des enjeux liés aux contrôles policiers. Par son accessibilité et sa capacité de vulgarisation, elle favorise l’autonomisation des jeunes et leur pouvoir d’agir, surtout dans les situations qui peuvent habituellement les rendre vulnérables.

Son engagement est aussi extrêmement formateur : sur le terrain, Aly découvre les rouages du système juridique – ressources existantes, personnes à contacter, démarches à entreprendre, etc. –, des applications concrètes qui ne s’apprennent pas sur les bancs d’école.

Les journées se suivent… et ne se ressemblent pas

Lors d’une journée typique au Centre de jour, Aly rencontre en moyenne trois jeunes. Certaines personnes viennent seules, d’autres accompagnées d’un ou une intervenante qui rendent ce premier contact moins intimidant. Son sourire, son ouverture et sa capacité d’écoute contribuent à instaurer rapidement un climat de confiance.

Quelques jeunes, plus timides, ont besoin de temps avant de se livrer. Aly remarque toutefois une évolution : la deuxième visite se déroule généralement sans accompagnement et de manière plus détendue.

Lorsque les récits comportent des enjeux délicats ou des épisodes pénibles, Aly tâche de faire preuve d’empathie tout en gardant le cap sur le soutien juridique.

« Je me sens assez bien équipée pour faire face à ce genre de situation et j’ai envie de mettre ça à profit pour me rendre utile. »

Des réalités multiples, souvent invisibles

Bien qu’elle ait déjà œuvré auprès de populations vulnérables, Aly confie n’avoir jamais été aussi longtemps en contact avec ce type de communauté. Elle est frappée par la diversité des profils et par la complexité des réalités rencontrées. Elle observe notamment une intersection manifeste entre itinérance et immigration, ainsi qu’une surreprésentation des personnes trans et non binaires parmi les jeunes qu’elle accompagne.

La communication présente parfois des défis : barrières linguistiques, différences culturelles, méfiance envers les institutions… Grâce à l’intervention d’interprètes, aux outils technologiques et à sa capacité d’adaptation, Aly parvient à échanger avec des jeunes parlant espagnol, arabe ou un français encore fragile.

Dans certains cas, elle ajuste volontairement son approche pour la rendre plus informelle et créer ainsi un lien rassurant et plus égalitaire.

Une expérience qui marque

Aly considère cette occasion de bénévolat comme profondément enrichissante. Elle souligne l’importance de bien se préparer, de réfléchir à sa façon de communiquer et de déconstruire les préjugés encore très présents dans la société. Elle n’hésite pas à engager le dialogue pour recadrer certains discours discriminants qu’elle entend autour d’elle.

Bien que son horaire ne lui permette pas de poursuivre son bénévolat à Dans la rue dans un futur proche, elle tient à garder un lien fort avec l’organisme et espère pouvoir s’y réengager un jour, toujours dans un rôle juridique, là où elle se sentira la plus utile.

« J’ai été super bien encadrée. L’environnement de travail, l’ambiance, les gens… tout était incroyable. »

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