À l’approche du 1er juillet, journée marquée par les déménagements au Québec, il est bon de se rappeler que les programmes de logement de Dans la rue visent à remédier à une réalité moins visible : l’instabilité résidentielle de bien des jeunes.
L’accès à un logement représente une étape essentielle de la reconstruction des jeunes en situation de vulnérabilité. Pour beaucoup, il ne s’agit pas seulement d’un toit, mais d’un ancrage après un parcours tumultueux.
Trois membres de l’équipe des Logements nous parlent de l’importance pour les jeunes d’accéder à un appartement.
« C’est souvent la première étape pour sortir de la rue et retrouver une stabilité », explique l’un d’eux.
Un enracinement qui facilite la croissance
La stabilité résidentielle bénéficie à tous les aspects de la vie : bien-être, santé mentale, études, travail, relations. Elle permet de sortir d’un état constant d’urgence.
« Quand le logement est stable, ça aide dans toutes les sphères : émotionnelle, scolaire et professionnelle », souligne un membre de l’équipe.
« Et surtout, ça enlève le stress de ne pas savoir où dormir. »



Peu à peu, un nouveau rythme s’installe. Les journées ne sont plus uniquement guidées par la nécessité de survivre : d’autres éléments bénéfiques peuvent être introduits.
Les parcours restent rarement linéaires. Les jeunes qui accèdent pour la première fois à un logement ont souvent vécu des ruptures, des périodes de mobilité prolongées ou des difficultés à conserver un emploi ou à se concentrer sur un projet. Mais au fil du temps, des changements apparaissent.
« On voit des jeunes qui, au début, ne réussissent jamais à garder un emploi longtemps, puis qui finissent par se stabiliser, trouver un premier emploi, parfois même de meilleures opportunités. Ils avancent vraiment. »
Une communauté qui se soutient au quotidien
Au carrefour des logements individuels, un milieu de vie se construit. Les jeunes se croisent, apprennent à cohabiter et s’entraident, parfois sans cadre formel.
Les liens créés contribuent à un sentiment de sécurité partagé. Certaines personnes plus anciennes accompagnent spontanément les individus nouvellement arrivés, offrant un repère dans un contexte encore fragile.
« Il y a des anciens qui disent aux nouveaux : si tu as besoin, viens me voir », raconte un membre de l’équipe. Des paroles et des gestes simples qui facilitent et égayent le quotidien.
Même après le départ, ces liens ne disparaissent pas. Les jeunes peuvent écrire, appeler ou passer donner des nouvelles.
« On reste présents. Ils savent qu’ils peuvent nous contacter ou revenir nous voir », mentionne un membre de l’équipe.
Après une trajectoire marquée par des ruptures répétées, une telle continuité constitue un repère essentiel.
Accompagner vers l’autonomie
L’objectif est de permettre à chaque jeune de reprendre du pouvoir sur sa vie, à son rythme.
« Notre rôle, c’est de les accompagner pour qu’ils trouvent leur propre force », résume une des personnes de l’équipe.
Le degré d’encadrement varie selon les moments : parfois très étroit, parfois plus discret, l’accompagnement reste toutefois constant dans la durée.
À l’approche des déménagements du 1er juillet, la réalité de ces jeunes rappelle que la stabilité n’est pas toujours accessible par le même chemin. Les programmes de logement de Dans la rue ne visent pas seulement à offrir un toit, mais à enseigner à habiter un lieu et à s’y sentir en sécurité, petit à petit.
Pour les jeunes ayant connu la rue, une vie stable commence simplement par un endroit où rester.